La consultation préanesthésique de l’enfant

Avant de l'endormir, l'anesthésiste a besoin de tous les renseignements concernant l'état de santé de votre enfant afin de mieux le prendre en charge: préparer votre enfant, dépister et réduire tout risque prévisible et diminuer la durée d'hospitalisation.

Lors de la consultation préanesthésique, l'enfant doit être accompagné par son père ou sa mère.

L'anesthésiste vous fera préciser :
- les antécédents de l'enfant et des proches familiaux.
- la courbe de croissance
- les allergies connues
- les signes d'un saignement facile
- les infections ORL en cours ou récentes, le tabagisme passif éventuel (>5 cigarettes/ jour)
- l'activité physique de l'enfant, présence de malaise, de cyanose, de trouble respiratoire.

Il examinera votre enfant, lui auscultera le cœur et les poumons. Il recherchera la présence d'amygdales obstructives, des signes d'intubation difficile et de pose difficile de voie veineuse.
Il n'y a pas d'examen complémentaire systématique (radiologie, bilan sanguin...)

Il vous expliquera ensuite la technique d'anesthésie choisie (anesthésie générale, anesthésie locorégionale...), le risque éventuel de transfusion sanguine pour les chirurgies hémorragiques, le traitement de la douleur post opératoire. Il vous renseignera sur la présence éventuelle d'un parent lors de l'induction de l'anesthésie, et vous remettra un texte d'information. L'autorisation d'opérer et d'anesthésier doit être signé par les 2 parents.

Le jeûne chez l'enfant :

Il faut respecter un intervalle de temps entre l'absorption par la bouche et l'anesthésie générale selon la nature du produit:
- liquides clairs (eau, thé, jus de fruit sans pulpe, sirop) : 2h
- lait maternel : 4h
- lait artificiel  ou aliment solide : 6h

Ce délai permet de limiter au maximum le risque de régurgitation et d'inhalation bronchique lors de l'anesthésie générale.

Les contre-indications temporaires à l'anesthésie chez l'enfant

Dans certains cas, il est préférable de repousser l'intervention un peu plus tard:

- L'enfant enrhumé : si température > 38,5°C, rhinite purulente, toux productive, auscultation pulmonaire anormale. Dans les situations intermédiaires, on discutera au cas par cas. Même si la majorité des cas sont dus à une rhinopharyngite virale, il est prouvé que le rhume augmente l'hyperréactivité bronchique, exacerbe le risque de spasme du larynx ou des bronches lors de l'anesthésie générale et cela jusqu'à 6 semaines après le début des symptômes.

- Vaccination : on attendra 3 semaines (au minimum 2 semaines) entre la vaccination et l'anesthésie générale s'il s'agit des vaccins à virus atténués (rougeole, rubéole, oreillons) et 1 semaine à 3 jours pour les autres vaccins.