Le jour de l'intervention

Après la douche avec un antiseptique, vous recevrez peu avant l’intervention une prémédication afin que vous soyez le plus détendu possible.


A l’arrivée au bloc opératoire, l’équipe médicale assurera :
- La vérification de votre identité, la nature de l’opération, et le côté opéré.
- La pose d’une voie veineuse pour l’administration des médicaments et des perfusions.
- Le monitorage par des capteurs du rythme cardiaque (ECG), la pression artérielle, la saturation en oxygène

La composition de l'équipe soignante

L'équipe médicale :

- L'anesthésiste : (ou médecin anesthésiste réanimateur) est le médecin qui s'occupera non seulement de votre anesthésie pendant l'intervention, mais aussi du traitement de la douleur post opératoire et de la réanimation en cas de complication. Pour exercer en tant qu'anesthésiste, il faut après 6 ans d'étude de médecine, passer le concours d'internat puis accomplir 5 ans de spécialisation.

- Le chirurgien : est le médecin spécialiste qui s'occupe donc de la technique chirurgicale. Compte tenu de la complexité technique, les chirurgiens sont souvent spécialisés dans les domaines précis (orthopédie, neurochirurgie, chirurgie maxillo - faciale...). Pour devenir chirurgien, il faut également, comme pour les anesthésistes, passer le concours d'internat après 6 ans d'étude médicale, puis accomplir 5 ans de spécialisation.

- Les internes : sont les médecins qui sont en cours de spécialisation après 6 ans d'étude médicale.

- Les externes : sont les étudiants en médecine à partir de la 3e année.

L'équipe paramédicale :

- L'infirmier anesthésiste (IADE : infirmier anesthésiste diplômé d'état) est un infirmier spécialisé dans les domaines de l'anesthésie réanimation, de la médecine d'urgence et de la prise en charge de la douleur. Il aide le médecin anesthésiste à veiller sur la sécurité du patient au cours de l'anesthésie. Après 3 ans d'étude infirmière et 2 ans d'exercice, la réussite au concours donne l'entrée à l'école d'IADE pour 2 ans d'étude afin d'obtenir le diplôme.

- L'infirmier du bloc opératoire (IBODE : infirmier du bloc opératoire diplômé d'état) est un infirmier spécialisé qui assure reconditionnement du matériel et à la remise en conformité de la salle d'intervention selon les protocoles, le rôle de l'instrumentiste et de l'aide opératoire.

- L'infirmier du service chirurgical (IDE : infirmier diplômé d'état) : assure les soins prescrits qui comportent non seulement l'administration des médicaments et la réfection des pansements mais aussi les soins d'hygiène, de confort et dé sécurité des patients. Il a une fonction d'observation, de dialogue pour identifier les problèmes et poser des diagnostics infirmiers, afin de pouvoir mettre en œuvre les moyens nécessaires pour une prise en charge adaptée.

- L'aide soignant : accompagne les patients dans la réalisation des activités quotidiennes et réalise les soins en collaboration et sous la responsabilité d'un infirmier.

Votre prise en charge a besoin de la coopération étroite de toute l'équipe médicale et paramédicale. En effet, la chaîne de soin ne pourrait fonctionner si un des maillons ci-dessus manquait.

Anesthésie ambulatoire

Anesthésie destinée aux patients bénéficiant d'actes chirurgicaux ou diagnostiques médicaux, permettant un retour à domicile dans la journée (après midi ou soir).

Critères de sélection :
- Actes avec peu de complications et peu de soins post opératoires
- Patients en bon état général
- Possibilité d accès aux soins proches
- Consignes comprises
- Accompagnement à la sortie et pendant au moins 24h
- Acceptation du patient

Consultation préanesthésique:
L'anesthésiste confirmera la possibilité d'anesthésie ambulatoire, expliquera les consignes à respecter absolument : la préparation cutanée  (douche bétadinée), le jeun, pas de conduite ou de prise d'alcool, arrêt du tabac, accompagnement pendant  24h, consignes en cas de complications.

Sortie de l'hôpital:
La sortie doit être validée par l'anesthésiste et le chirurgien.
Le patient doit etre accompagné par un adulte pendant 24h
Pas de conduite personnelle, pas de prise d'alcool
Rythme cardiaque, tension artérielle, respiration proches de l état préopératoire
La prescription médicale et les consignes en cas de complications  (numéro de téléphone 24h/24) seront remises au patient

Anesthésie ambulatoire pour les enfants

Anesthésie destinée aux patients bénéficiant d'actes chirurgicaux ou diagnostiques médicaux, permettant un retour à domicile dans la journée (après midi ou soir).
Pour pouvoir bénéficier de la chirurgie en ambulatoire, il faut que toutes les conditions ci-dessous soient réunies :
- Actes avec peu de complications et peu de soins post opératoires
- Enfant  en bon état général
- Agé de plus de 6 mois (pour limiter le risque de pause respiratoire et de bradycardie post opératoires)
- Possibilité d'accès aux soins proches (moins d'1 heure de trajet, un véhicule à disposition)
- Consignes bien comprises
- Accompagnement à la sortie par 2 adultes et pendant au moins 24 heures
- Acceptation des parents
Les critères de sortie après une intervention :
- Vigilance normale
- Reprise d'une activité ludique
- Alimentation sans nausées ou vomissements
- Absence de fièvre
- Etat clinique stable
- Absence de douleur post opératoire importante
- Reprise d'une miction normale
- Lever sans problème
- Absence de problème chirurgical, validée par le chirurgien.
Si tous les critères sont réunis, l'enfant peut sortir de l'hôpital, accompagné par 2 adultes, avec une ordonnance pour les médicaments antalgiques, et les coordonnées téléphoniques du service où un médecin anesthésiste  et un chirurgien peuvent être joints en cas de problème.

Les critères de sortie en chirurgie ambulatoire

  • L'absence de nausées et de vomissements post opératoires
  • La reprise alimentaire sans problème
  • La déambulation doit être normale
  • La douleur doit être absente ou faible
  • Pour l'anesthésie locorégionale:
    • pas de sortie si une faiblesse des membres inférieurs persiste
    • pour la rachianesthésie: absence de trouble mictionnel
  • La présence d'une tierce personne pour accompagner le patient à la sortie et pendant les 2 premières heures à domicile
  • La compréhension des consignes données en cas de problème

Déroulement de l'anesthésie

A l’arrivée au bloc opératoire, l’équipe médicale assurera :

Prémédication

Durant les heures précédant la chirurgie, votre niveau de stress est habituellement plus important. Pour votre confort et pour une meilleure qualité de l'anesthésie, l'anesthésiste vous fera une prescription de médicaments relaxant, à prendre un peu avant votre arrivée au bloc opératoire voire la veille si vous passez la nuit à l'hôpital.
La prémédication n'est pas systématique, on évalue toujours le rapport bénéfice/risque chez les patients très âgés, ou présentant des troubles de conscience, une insuffisance respiratoire sévère ou un syndrome de l'apnée du sommeil.
Les médicaments utilisés sont :

  • Atarax®(hydroxyzine), anxiolytique, antihistaminique
  • Les benzodiazépines: Xanax®, Hypnovel®.. : anxiolytiques, antiépileptiques, amnésiantes
  • Les anti H2 effervescents : Tagamet®, Raniplex® pour diminuer l'acidité gastrique
  • Les médicaments analgésiques préventifs : gabapentine

Déroulement de l'anesthésie générale

Une bonne oxygénation sera réalisée d’abord par masque, l’injection ensuite des médicaments vous plongera dans le sommeil. La respiration pendant l’anesthésie générale sera assurée par un respirateur relié à vos poumons par une sonde d’intubation ou par un masque laryngé. Votre endormissement sera entretenu par des gaz anesthésiques ou par des médicaments intraveineux régulièrement réinjectés.

Pendant l’intervention, l’anesthésiste surveillera la progression de la chirurgie, la profondeur de l’anesthésie, et votre état cardiovasculaire et respiratoire.

A la fin de l'intervention, l'arrêt des anesthésiques permet le retour à la conscience peu de temps après. Dès que vous serez suffisamment réveillé et avec une respiration correcte, on arrêtera le respirateur pour que vous puissiez respirer seul. La sonde d'intubation ou le masque laryngé sera rapidement enlevé.

Vous serez ensuite surveillé dans la salle de réveil jusqu'au retour dans votre chambre.

La surveillance de votre enfant lors de l'anesthésie

L'anesthésie, quel que soit son type, se déroule dans une salle équipée d'un matériel adapté à l'âge de l'enfant et à sa pathologie. Cette salle est vérifiée avant chaque utilisation. Tout ce qui est au contact du corps de l'enfant est soit à usage unique, soit désinfecté ou stérilisé. Votre enfant sera scopé, c'est-à-dire qu’il aura un monitorage de sa fréquence cardiaque, sa tension artérielle, son taux d’oxygénation, sa température corporelle…
Durant l’intervention, la surveillance sera assurée continuellement par le médecin anesthésiste ou par un infirmier anesthésiste qui veilleront à la qualité du sommeil et les constants cardiorespiratoires de l’enfant.
En fin d'intervention, votre enfant sera conduit en salle de réveil pour y être surveillé de manière continue avant de regagner sa chambre..

Le déroulement de l'anesthésie générale chez l'enfant

- Au bloc opératoire, dès que le monitorage cardiorespiratoire est posé, l'induction de l'anesthésie générale sera réalisée par masque administrant un gaz anesthésique à l'odeur agréable. Au bout de quelques minutes, l'enfant sera endormi suffisamment pour poser une voie veineuse périphérique.

- Dès que la vérification de la voie veineuse indique qu'elle est bien fonctionnel, l'anesthésiste peut injecter une dose de médicament supplémentaire avant de procéder à l'intubation ou à la pose de masque laryngé.

- Quand l'enfant sera totalement endormi, l'anesthésie locorégionale peut être posée.

- L'entretien de l'anesthésie se fait souvent par gaz halogénés, qui seront arrêtés à la fin de l'intervention et permettront un retour rapide à la conscience.

- L'enfant sera ensuite transféré dans la salle de réveil pour surveillance. Dès la confirmation de l'état satisfaisant de l'enfant, il pourra repartir dans sa chambre.

Risques anesthésiques

Le résultat le plus évident est la grande diminution  du nombre de décès exclusivement liés à l'anesthésie  par rapport aux années 1980, passant de 1/13 000 à 1/145 000 en 2000 en France.

Les complications les plus fréquentes (1 à 10%) sont des désagréments bien plus mineurs :
- nausées et vomissements post opératoires : en diminution avec l’adaptation des techniques d’anesthésie et la prévention systématique.
- maux de gorge : liés à l’intubation, ils sont transitoires, le plus souvent pendant quelques heures après le réveil, ils sont plus fréquents lors des intubations sans curare.
- sensation de faiblesse, trouble passager de la mémoire (plus fréquent chez les personnes âgées), baisse temporaire des facultés de concentration.
- frissons : à cause des médicaments injectés, au froid (mais vous serez réchauffé), ou au stress.
- maux de tête, démangeaisons
- douleurs dorsales surtout si vous avez des prédispositions à ces douleurs, la position prolongée sur la table peut aggraver ces troubles
- douleur veineuse lors de l’injection des produits anesthésiques
- ecchymoses et douleurs aux points de perfusion

D’autres complications sont bien plus rares :

Autour de 1/1000 anesthésies :

- infection pulmonaire : plus fréquente chez les fumeurs
- problèmes urinaires : souvent une rétention, traitable par une mise en place transitoire d’une sonde urinaire
- troubles respiratoires liés aux antalgiques, aux anesthésiques résiduels, ou très rarement un pneumothorax
- blessure des lèvres, de la langue, cassure de dents lors de l’intubation. Il faut signaler à votre anesthésiste toute fragilité dentaire lors de la consultation d'anesthésie
- aggravation d’une pathologie préexistante : diabète, insuffisance cardiaque ou vasculaire cérébrale
- conscience pendant l’intervention, surtout à l’endormissement et au réveil.

De 1/10000 à 1/1000000 anesthésies :
- lésions oculaires
- allergie grave aux médicaments
- inhalation bronchique du liquide gastrique, c’est pourquoi le jeûne avant l’anesthésie doit être respecté
- lésion nerveuse : souvent transitoire, elle est provoquée par la position prolongée sur la table opératoire entraînant une compression ou un étirement nerveux.

Amélioration du risque en anesthésie

La démarche implique de nombreuses structures :

 - La Haute Autorité de Santé (HAS) est en charge de l'élaboration de référentiels, de l'évaluation des pratiques professionnelles, de l'accréditation des établissements et des médecins. La déclaration d'événements sans dommage pour le patient mais porteurs de risque, associée à une démarche d'analyse, de mesures correctives et d'évaluation de celles-ci est un des moyens d'amélioration disponibles.
- Le Collège français des anesthésistes-réanimateurs (Cfar) est responsable de l’accréditation des anesthésistes.
- L'Institut National de Veille Sanitaire (INVS) est en charge des événements indésirables graves pour une période expérimentale.
- L'observatoire des accidents médicaux regroupe des représentants de l'Office national des accidents médicaux (ONIAM) et des principales compagnies d'assurance.
- Différents systèmes de remontée d'information ont été mis en place dans des domaines spécifiques : hémovigilance, infections nosocomiales, pharmacovigilance, matériovigilance...
- Enfin, il existe au sein de chaque Commission Médicale d'Etablissement (CME), une commission de la qualité et de la sécurité des soins.

Ces institutions s’articulent entre elles pour  améliorer ensemble la sécurité du patient.

Risques allergiques

On distingue 2 types de réactions différentes:

- Réaction anaphylactoïde: elle est non spécifique, souvent liée à une histaminolibération sans preuve immunologique


- Réaction anaphylactique:
Elle survient dans 1 cas /13000 anesthésies. Il s'agit d'une réponse immunitaire spécifique, les produits les plus souvent  en cause sont : curares (1/6500), latex, hypnotiques, antibiotiques, substituts du plasma, morphiniques...


Dépistage préanesthésique:

  • Patients  ayant présenté des signes évocateurs d'allergie lors d'une précédente anesthésie, ou lors d'une exposition au latex
  • Enfants multi opérés,spina bifida, myéloméningocèle
  • Allergie alimentaire : avocat, kiwi, banane, châtaigne, sarrasin (risque d'allergie croisée au latex )

Risques de l’anesthésie locorégionale

- L’anesthésie incomplète : un complément d’anesthésie voire l’anesthésie générale sera nécessaire dans ce cas là.
- Les complications graves sont très rares :
o Paralysie ou insensibilité plus ou moins étendue, temporaire ou permanente : attribuée à l'agression directe du nerf par le biseau de l'aiguille et l'injection intra neurale, et favorisée par le diabète, la position du patient, l'ischémie due au garrot pneumatique, la compression par un plâtre…
o Accident cardiovasculaire
o Convulsions
o Blessure d’un organe proche

Les risques de l’anesthésie locorégionale en ophtalmologie :
- Hématome au point de ponction
- Défaut d’akinésie ou d’anesthésie
- Les complications graves sont exceptionnelles, surtout dues à l’anesthésie rétrobulbaire : perforation du globe oculaire, hématome intra orbitaire, plaie du nerf optique, arrêt respiratoire par diffusion sous-durale par la gaine du nerf optique

Risques de l'anesthésie locorégionale chez l'enfant

Après une rachianesthésie, une anesthésie péridurale ou une anesthésie caudale (une variante de l’anesthésie péridurale chez les jeunes enfants), des maux de tête peuvent survenir. Ils nécessitent parfois un repos de plusieurs jours et/ou un traitement spécifique. Une paralysie transitoire de la vessie peut nécessiter la pose temporaire d'une sonde urinaire. La paralysie transitoire des membres inférieurs, créée par l'anesthésie rachidienne, peut entraîner un état d'agitation chez l'enfant qui n'en comprend pas la cause.
 Des douleurs au point de ponction sont également possibles.
Des démangeaisons passagères peuvent survenir lors de l'utilisation de la morphine et de ses dérivés.
 Au cours de l'anesthésie locorégionale en ophtalmologie, un traumatisme du globe oculaire est exceptionnel.
Des complications plus graves comme des convulsions, un arrêt cardiaque, une paralysie permanente ou une perte plus ou moins étendue des sensations sont extrêmement rares. Quelques cas sont décrits, alors que des centaines de milliers d'anesthésies de ce type sont réalisées chaque année.

 

Risques de l’anesthésie périmédullaire

En dehors des risques rencontrés pour tout type d'anesthésie locorégionale, on rencontre ici certains risques spécifiques:

- Les nausées et vomissements : passagers, liés à 1 hypotension artérielle
- La rétention aigüe d’urine
- Les douleurs du dos (lombalgies) transitoires
- Hypotension : facilement traitée par perfusion et administration de vasopresseur.
- Extension exagérée – rachianesthésie totale : rapidement diagnostiqué et correctement traité, ce bloc étendu guérit sans séquelle
- Maux de tête (1%) ou céphalées post ponction: causés par 1 brèche de la dure mère avec la fuite du liquide céphalo rachidien, traitables par un blood patch.


Très rares :
- Arrêt circulatoire
- Complication neurologique
- Hémorragie intrarachidienne et compression de la moelle

 

 

 

Inconvénients et risques de l'anesthésie générale chez l'enfant

Les nausées et les vomissements au réveil sont devenus moins fréquents avec les nouvelles techniques et les nouveaux médicaments. Les accidents liés au passage du contenu de l'estomac dans les poumons sont très rares si les consignes de jeûne sont respectées.
L'introduction d'un tube plastique dans la trachée ou dans la gorge pour assurer la respiration pendant l'anesthésie peut provoquer des maux de gorge ou un enrouement passagers. Des traumatismes dentaires sont possibles. Il est important que vous signaliez toute dent de lait qui bouge, tout appareil ou toute fragilité dentaire.
Dans les heures suivant l'anesthésie, des troubles de la mémoire, de l'attention et du comportement de l'enfant peuvent survenir. Ils sont passagers. Une faiblesse musculaire possible impose une surveillance au moment du lever afin d'éviter toute chute.
Une rougeur douloureuse, parfois suivie d'une ecchymose, au niveau de la veine dans laquelle les produits ont été injectés peuvent s'observer; elles disparaissent en quelques jours
Des complications imprévisibles qui pourraient mettre en jeu la vie de votre enfant comme une allergie grave, une hyperthermie maligne, une asphyxie, un arrêt cardiaque, sont extrêmement rares. Quelques cas sont décrits alors que des centaines de milliers d'anesthésies de ce type sont réalisées chaque année en France.